Le départ d'un salarié peut souvent être perçu et vécu comme un échec et un point de non-retour pour l'employeur ou le collaborateur concerné. Mais ne vous est-il jamais arrivé de regretter la sortie d'un membre de votre équipe ? Cette pépite avec qui travailler rime avec facilité : pourquoi ne pas la faire revenir ?

« Alors que 60% des Français ayant démissionné pendant la crise sanitaire reconnaissent qu’ils se sentaient mieux dans leur précédent emploi, la France enregistre le taux de recrutement boomerang le plus bas parmi l’ensemble des pays sondés : 13% » (Enquête UKG, Avril 2022). Mais vous, êtes-vous prêt(e) à adopter cette pratique ? 

Le point de vue de l’employeur 

"Ce n'est jamais facile de voir partir un collaborateur, mais si c’est un bon élément, nous lui laissons toujours une porte ouverte pour revenir. En revanche, si la personne a été déçue par son poste, alors il faudra jauger réellement son envie de revenir. Il ne faut pas que ça soit un retour par défaut ou par dépit » déclare Stéphanie Richard, Directrice chez Walters People.

Le choix de recruter un alumni-candidat revient au manager qui travaillait avec celui-ci. Seul un bon souvenir et un lien persistant peuvent le pousser à réenclencher un processus de recrutement. « Il convient néanmoins de remettre rapidement la direction et les RH dans la boucle, pour rappeler au candidat qu’il s’agit d’un vrai process de recrutement » précise Stéphanie Richard.

Pour vous aider à prendre votre décision, il vous faudra réévaluer l’engagement et la productivité dont le collaborateur avait fait preuve lors de son premier passage.

S’il fait le choix de revenir, c’est qu’il est certainement en phase avec les valeurs et le fonctionnement de votre entreprise. Quoi de mieux alors qu’un alumni-candidat pour diffuser un message positif en interne comme en externe ? D’une part, il prouve à vos collaborateurs qu’un bon élément est toujours le bienvenu, d’une autre part votre alumni-candidat aura acquis de nouvelles compétences et sera opérationnel dans un temps record. En faisant le choix de le reprendre, vous positionnerez votre ex-alumni comme ambassadeur de votre marque et bénéficierez de son expérience.

« Lorsque nous acceptons que nos anciens collaborateurs reviennent, nous sommes convaincus que la raison principale est qu’ils aiment notre entreprise. Ils diffusent alors auprès de nos autres nouvelles recrues une image positive. De plus, c’est aussi une manière de montrer à nos salariés l’importance que l’on accorde à la fidélisation de nos talents » explique Astrid Davies, Head of Talent Acquisition de Walters People & Robert Walters France.

Une fois votre alumni revenu dans vos équipes et pour qu’il s’épanouisse totalement, il est préférable que vous puissiez lui proposer un nouveau projet ou une nouvelle équipe. « Le faire revenir dans son ancienne équipe et au même poste risquerait de le frustrer et de lui faire reprendre certaines mauvaises habitudes » commente Stéphanie Richard.

Par ailleurs, il existe une deuxième limite au recrutement boomerang. L’évolution trop importante des valeurs, process et organisations qui pourrait alarmer votre candidat. Effectivement, « le temps passant, ses attentes et souvenirs ne seront plus forcément en accord » avec ce que vous proposez selon Yann de Rolland, ex-alumni et Manager de notre bureau Nantais, qui évoque un nécessaire besoin de transparence.

Le point de vue de l’alumni-candidat

« Ce serait se tromper de dire que le retour dans son ancienne entreprise est un échec ou de l’ordre de la facilité. Lorsque j’ai décidé de démissionner pour revenir chez Walters People, je savais que cette période de transition que je venais de vivre serait bénéfique et m’avait aidé à comprendre dans quel métier et environnement j’aimais véritablement m’épanouir » témoigne Valérie Pinardon, ex-alumni et Senior Manager chez Walters People.

Les alumni-candidats qui souhaitent réitérer leur expérience, reviennent le plus souvent pour les valeurs, l’organisation de votre entreprise et l’ambiance qui y règne. Ils connaissent leur métier et savent qu’ils seront performants rapidement. « L’avantage de partir pour revenir, c’est que j’ai pu voir autre chose, un autre type de fonctionnement. En revenant, on apporte un regard différent et une certaine tolérance aux choses qui pouvaient nous agacer. Je pense que suis revenu plus mûr et prêt à exercer pleinement mon métier » explique Yann de Rolland.

En fonction des circonstances dans lequel se fait le retour du collaborateur, celui-ci peut mettre en avant de nouvelles exigences qui déclencheront une négociation. Cela s’explique : si l’employeur est à l’origine de la proposition de retour de l’alumni, ce dernier peut formuler certaines conditions telles que l’absence de période d’essai, l’augmentation de son salaire ou encore l’envie de récupérer son ancienneté.

Mais dans le cas contraire, lorsque la sollicitation vient de l’ancien collaborateur, c’est plutôt à l’alumni-candidat de s’adapter aux conditions fixées par l’entreprise.

Les enjeux d’une réintégration 

La préparation de l’intégration d’une nouvelle recrue dans l’entreprise est cruciale et déterminera l’avenir de ce collaborateur. Un processus d’intégration est long et peut s’avérer fastidieux. En recrutant un ex-alumni, vous gagnez un temps considérable pour votre entreprise car il sera opérationnel dans un temps record.

De plus, en faisant cette « faveur », vous valorisez votre collaborateur sur sa capacité à réussir. Il a d’autant plus envie de vous prouver que vous avez fait le bon choix. Néanmoins, votre nouveau collaborateur doit être conscient des attentes que vous avez et du temps d’adaptation record dont il doit faire preuve. Il est alors important de prévenir les équipes, afin de les préparer au mieux au retour pour « que cela devienne une évidence » conseille Stéphanie Richard. Attendre le jour J du retour pour l’annoncer pourrait frustrer vos autres collaborateurs et être considéré comme un évident manque de communication interne.

L’arrivée dans une nouvelle entreprise peut être cause de stress, notamment par peur de l’inconnu et en raison du nécessaire apprentissage de nouvelles façons de travailler. Ces sources de nervosité s’évanouissent dans le cas d’un recrutement boomerang : « ma réintégration s’est faite naturellement, j’avais l’impression d’être partie en congé parental. J’ai retrouvé tout ce que j’appréciais » se rappelle Valérie Pinardon.  

Vous l’aurez compris, le recrutement boomerang a de nombreux avantages pour l’entreprise. A vous de retrouver cette pépite que vous souhaitez faire revenir et de la faire grandir à nouveau.

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